LES FEMMES EN NOIR

(Pérégrinations d’un européen découvrant un monde asiatique ancien) -- Septième partie --

Cette rencontre au coin du feu, fût mon premier moment d’intimité avec les femmes Akha.

Elles sont toujours vêtues de noir, dans un tissu de cotton qu’elles tissent elles-même, et que grâce à une technique particulière, elle rendent d’un noir profond avec des plantes qu’elles trouvent dans la nature. Cette rigueur est brisée par des parures en argent magnifiques, dont la richesse et la taille dépendent des moyens de la famille, c’est-à-dire de la quantité d’Opium qu’ils peuvent produire.

Elles sont d’un courage exceptionnel, ce sont elles qui font tout à la maison, depuis la corvée de puit (je connais des villages où elles doivent marcher 2H00 par jour pour aller chercher l’eau au fond des vallons, qu’elles remontent en la portant sur leur dos), tous les travaux de la maison et des enfants, et même le travail de récolte dans les champs de pavots.

Les hommes ne font rien, à part fumer l’Opium, et pour ceux qui ne sont pas opiomanes, la guerre, des travaux de construction en bois et l’éducation des enfants mâles.

Les Akhas sont polygames et le nombre de femmes peut aller jusqu’à 4 ou 5 pour ceux qui ont assez d’argent. Les rôles et l’autorité se répartissent en fonction de l’âge et de l’ancienneté dans la maison.

Elles parlent peu, mais ce soir-là, je voyais avec quelle surprise et quelle curiosité, elles regardaient les moindres détails de mon habillement, de mon attitude, mon appareil photographique les intriguait beaucoup, elles n’en avaient jamais vu.

Je profitais de cette fraîcheur et de la surprise pour réaliser quelques clichés de ce monde aujourd’hui disparu.

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